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NATACHA TERTONE « La patience n’existe pas »

(13/03/2026 – NoldUp / PIAS)

La réédition appréciée de son unique album avait permis à la lilloise de remonter sur scène, avec ses complices Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak : on avait vu alors que la jeune adulte débordée par son incompréhension du monde était devenue une femme à la voix plus assurée, et pu découvrir quelques nouveaux titres annonciateurs d’une palette élargie, d’une écriture travaillée. Une artiste ne suit pas les modes mais crée un monde qui lui ressemble : traçant un arc narratif clair et qui assume contradictions et complexités de l’artiste, son 2e album s’ouvre sur Ne jamais dire jamais et s’achève sur La valse de 25 ans donnant quelques incides sur les raisons de sa longue éclipse comme de son retour, en passant par les singles Je tiens bon, 123 soleil et Non ou encore le poignant Quand tu fais le mort :  la mélancolie est lucide et la résilience au coeur du propos de cette téméraire rébellion face à l’ordre des choses. Si le temps est anthropophage, point ici de nostalgie stérile, au contraire : qu’importent les tempêtes à traverser, c’est bien le jeu d’aller chercher Le sel de la vie

ROMANCE « D’la faute à moi » single

(25/02/2026 – ZRP / Kuroneko)

Ce groupe parisien emmené par un leader aux racines rennaises a déjà été repéré sur scène, et proposera à la rentrée un premier album enregistré par son voisin de label James Eleganz. Sur une bande son puisant avec érudition ce qu’il faut d’élégance et de morgue dans une vaste palette dont l’étiquette dandy punk pourrait résumer la teneur, on y suivra le parcours d’un personnage abordant l’âge adulte. Dans ce premier single malin au refrain immédiat, il prend conscience de qui il est, de la différence de réussite en fonction des castes, et des règles du jeu que supposent ces inégalités…

IGNATUS « Choses Piano »

(16/01/2026 – Ignatub / Believe – Inouïe Distribution)

Si certaines de ses chansons les plus emblématiques ont été composées au piano, ce sont ici des pièces instrumentales que nous livre Jérôme ‘ignatus’ Rousseaux, qui se souvient de la manière dont un séjour en Inde lorsqu’il avait 20 ans et étudiait le piano jazz, l’avait éveillé à des gammes peu usitées en occident. Comme sur l’introductif Feuille fil danse, c’est en conservant les moments les plus intéressants des improvisations réalisées dans cet esprit, sur son demi-queue Erard de 1920, qu’ignatus transpose sur un territoire disons néoclassique la subtile singularité qui en a fait un artiste particulièrement apprécié et respecté côté pop.

ERWAN KERAVEC « Whitewater »

(12/12/2025 – Mind Travels – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Venu des musiques trad, adoubé côté musiques contemporaines et improvisées, reconnu également pour ses collaborations côté jazz, le sonneur n’en est pas à son premier album solo, son instrument (la cornemuse écossaise) étant après tout fait pour cela. La rencontre avec la collection Mind Travels s’est fait naturellement, comme le choix, passage obligé, d’une somptueuse photo de Francis Meslet. Celle-ci reflète surtout le dernier titre Leeshore et son empilement de bourdons, crique à l’abri du vent depuis laquelle on admire la tempête qu’on vient de traverser. Celle de deux longues pièces, Increase the flow rateUntil the Swirls Appears où le Morbihanais, tout en renonçant aux techniques périphériques de son instrument (un champ non mélodique exploré sur ses précédents solos), nous entraîne dans l’instabilité, jusqu’au tourbillon. Comme on suivrait une pensée, son fil aussi constant qu’incertain, exploré hier peut-être par le Continuum de Ligeti. Une musique extrême sans aucun doute, mais qui pour peu qu’on se laisse emporter dans les subtilités du tourbillon qu’elle provoque, sait générer une véritable transe…

DÉÉFAIT « Dééfait » EP

(12/12/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Ce quintet parisien doit ce nom bizarre qui se prononce « défait » aux origines de son chanteur-vociféreur-chuchoteur Ric Lara : DF / Distrito Federal, autrement dit Mexico. En anglais, en espagnol et en français, il se pose sur un mur de guitares et de rythmiques inexorables, entre noise et psyché, pour une transe bruitiste qui captive de façon singulière. Révélé avant leur signature sur Ici d’ailleurs et alors qu’ils arpentaient les spots les plus pointus de la scène parisienne, le long Molokh∞ vénère on ne sait quelle divinité toxique, avant la découverte du premier single ouvrant le disque We Love Each Other So Much That We Won’t Belong to Any Species Anymore (tout un programme, rien moins qu’une invitation à une forme d’extase). Puis on se laissera entre autres entraîner dans un headbang jouant juste ce qu’il faut sur la frustration avec BondBondBond, comme on peinera à savoir si l’on est repu ou non avec Wow ! Ferreri Cooked For Us. Donnons déjà la réponse : quoique fort abouti, cet EP est là pour ouvrir l’appétit avant un album attendu en 2026, et des prestations live habitées.

MICHEL CLOUP « Catharsis en pièces détachées »

(14/11/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Cet album monstrueux a un ordinateur à la place du cœur. Trois êtres humains y sont connectés : Michel Cloup, Manon Labry et Julien Rufié. Ils ont nourri par couches et strates successives ce millefeuille de papier de verre et de crème pâtissière numérique. Après La honte et David, Goliath et Godzilla, premiers extraits buvant la tasse des reflux politiques de part et d’autre de l’Atlantique, on ira faire un tour en compagnie du compère Fredo/NonStop (Toulousain lui aussi) pour un H&M tranchant et sanglant, dégoulinant comme les peintures de Stéphane Arcas, et les quelques moments plus posés (Le poison / L’antidote, Maria, ou Place du Ravelin à Toulouse encore…) n’en seront pas pour autant moins intenses. Jusqu’au roboratif SISRAHTAC, ça défouraille, ça gueule, ça parle trop, mais c’est dans doute le bon moment pour un coup de tronçonneuse dans la fourmilière.

NATACHA TERTONE « 1 2 3 Soleil »

(12/11/2025 – NoldUp / PIAS)

Ce second extrait du 2e album de la Lilloise prévu pour le printemps, un quart de siècle après son premier long format, transforme un jeu d’enfance en métaphore électrisante du temps qui passe, s’aventurant avec brio dans un pont slamé témoignant de l’aisance vocale (et scénique) gagnée par Natacha Tertone, qui s’affirme comme l’une des voix singulières de la scène avant-pop francophone.

HANKY XX « Under A Western Sky »

(07/11/2025 – ZRP / Kuroneko)

Deux figures de la scène rennaise ou du moins bretonne se réunissent autour de leur amour pour la country music, James Eleganz (ex-Success) et Goulven Hamel (The Celtic Social Club, ex-Santa Cruz, vu aux côtés de Miossec, de Daho bientôt). Un style musical qu’ils n’hésitent pas à malmener un peu sur ce premier album où l’on suit deux personnages féminins, qui ne font peut-être qu’un : Camilla empruntée au Ask the Dust de John Fante, et Rebekah Hartness, celle-là même qui inspira à Taylor Swift The Last Great American Dynasty, étonnant premier single du duo. Un road trip parfois nocturne (Moonlight is a Full Light), jouant avec les codes à coup de samples étranges (Pearls & Furs), toujours au bord de la folie dont on prend conscience (The Devil Inside), avant que nos héroïnes ne disparaissent dans la brume (The Flying Dutchman, Gone With The Wind). Cet accès de folie sans doute passagère pourrait bien laisser des traces…

34e édition des ROCKOMOTIVES de VENDÔME

(25/10 au 01/11/2025 – Vendôme / 41)

On aime retrouver ce chaleureux rendez-vous au milieu de l’automne, festival où l’absence d’espace VIP et les lieux à taille humaine n’empêchent pas d’accueillir des têtes d’affiches (Kompromat, Emily Loizeau, Molecule) parfois habituées des Rockos (Yann Tiersen, Odezenne). Avec cette année des reformations attendues (The Boo Radleys, Montgomery, Pneu), un focus sur Prohibited Records (NLF3, Prohibition…), des étoiles montantes à l’éclat bien réel (En Attendant Ana, Bryan’s Magic Tears, Candeur Cyclone…), une scène régionale fièrement propulsée par Figures Libres Records (Geysir, Mossaï Mossaï, Primevère, Stuffed Foxes…) et plein d’autres sur 8 jours de fête qui montent en puissance.

ARNAUD FOURNIER « 100 % Black Puzzle »

(17/10/2025 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

Ce premier album emprunte son nom à son titre d’ouverture, écho du 100 % White Puzzle figurant sur le premier album de Hint, paru il y a tout juste 30 ans. Une formation singulière au croisement des styles (noise, expé, indie) avec sax et trompette s’immisçant au milieu des guitares et des drones électroniques, duo toujours actif dont est issu Arnaud Fournier, qui vient par ailleurs de quitter La Phaze. Son complice de Hint Hervé Thomas compte d’ailleurs parmi les invités pour Shinny Ribirth premier titre enregistré depuis leurs albums de la fin des 90s, mais au casting figurent aussi Frédéric D. Oberland (Oiseaux-Tempêtes) sur le long duel amical de Miroirs, et Herman Düne sur le superbe single It’s the Leaving That’ll Kill You. Des ambiances souvent sombres mais traversées d’éclairs, ceux des rencontres ou des amitiés retrouvées…